Je me suis égaré dans un débat assez acharné sur le sexisme récemment, et je me suis réveillé avec ce texte plus ou moins plein formé dans ma tête.

Dans ce texte, je vais me permettre d'utiliser de temps en temps les mots "femme" et "homme". Je les utilise comme une formulation brève dans ce texte pour éviter d'écrire "personne socialisé au valeurs féminines" et "personne socialisé au valeurs masculines". Je m'excuse au prêts des gens qui pourrait ce sentir exclus de ce texte par l'utilisation de ces mots.

Statut quo

En bref, je considère que nous vivons dans des sociétés majoritairement patriarcales et racistes, au même titre que je les qualifierais d'être capitaliste. Ces sociétés mettent énormément de pression sur les groupes et individus pour ce conformer au statut quo. Je pense que, pour ce démarquer de cette situation ou pour faire état de sa volonté de contrer ces pressions, il est nécessaire de monter une résistance active contre les divers système de domination qui nous entoures.

Dans ce cadre, je considère qu'une simple position d'ouverture, en affirmant que tout le monde est égale, est une position passive et donc une acceptation tacite de ce statut quo. L'égalité ne veut pas dire grand chose quand tout le monde sort de situations grossièrement inégales et injustes.

Une des armes les plus puissantes du patriarcat est la construction sociale des genres, c'est à dire la féminisation ou la masculinisation de certaines pensées, émotions, et taches, et l'indoctrination, à partir d'un très jeune age, des êtres humains à l'un ou l'autre coté de ce spectre. Je pense qu'il est nécessaire de pouvoir parler de comment sont construit ces rôles et de leurs effets sur la société, pour pouvoir les déconstruires.

Malheureusement une autre arme très puissante du patriarcat est l'essentialisme, c'est à dire un discours qui veut que les constructions sociales des genres soit en faite des qualités inhérentes au personnes. L'essentialisme s'exprime souvent par des stéréotypes.

Ces armes sont puissantes en partie parce que le débat sur l'équilibre entre la génétique et l'environnement est encore très vif, et que certaines personnes exploitent cet incertitude pour proposer des explications génétiques au différences du sexe. Il existe très peu d'études, peut être aucune, qui font preuves de cet affirmation et qui ne sont pas contestés dans les disciplines d'ou elles sont issus. Même si elle existait, je ne vois pas en quoi un tel constat nous permets de tolérer et contribuer à une situation injuste.

Pour le moment je suis convaincu que la socialisation est responsable de la plus large part des différences entres les genres.

Un intervenant dans ce debat sur le sexisme ma demandé de clarifier pourquoi une phrase touchant à cette socialisation serait essentialiste, alors qu'une autre ne l'est pas, et je vais les prendre comme exemples pour essayer d'illustrer mon point.

Les femmes assumes une quantité disproportionnelle des soins d'enfants

Lorsque j'ai fait cet affirmation, je voulais parler de quelque chose de très précis. Ceci est une déclaration s'appuyant sur des recherches statistiques assez claires: au Québec 72% des monoparents sont des femmes1 et au Canada 88% des parents au foyer sont des femmes2. Si je qualifie cet charge de travail comme étant disproportionnelle c'est pour essayer de mettre en relief l'absence de l'apport des hommes dans ce domaine.

Cet phrase donne un fait et elle parle d'un enjeux important auxquels je pense qu'il faut répondre, qui à un effet sur la société entière et sur plusieurs personnes de tous genres dans mon entourage. J'ai moi même vécu les deux cotés assez tranchant de ce fait.

Il existe une formulation sexiste pour parler de ce fait: "Les femmes sont plus maternels envers les enfants." Et aussi une formulation masculiniste: "Les hommes sont exclus du soins des enfants". Ces deux phrases s’appuient sur les mêmes statistiques, mais elles font des hypothèses assez extraordinaire, affirmant que les hommes n'ont pas de choix que de ne pas s'occuper des enfants, parce qu'ils y sont exclus ou qu'ils leurs manquent quelque chose d'essentiel pour pouvoir s'occuper d'enfants.

Puisque dans ma propre expérience, j'ai accumuler quelques dizaines d'expériences qui me suggèrent que les hommes, sont, en fait, bienvenue dans ce domaine contre une seul expérience d'exclusion, et que je peut également constaté plein d'hommes dans mon entourage qui très joyeusement s'occupe de leurs enfants et qui sont, en faite, d'excellents parents, je suis convaincu du contraire.

Ma mère ne comprendrais pas ceci

Cette phrase est complexe, parce que son sexisme devient apparent que dans le cadre plus large d'un analyse féministe, et aussi parce que les gens s'en servent souvent sans aucune intention sexiste consciente. Il faut donc ne pas confondre intention et effet pour pouvoir comprendre ce qu'elle a de sexiste.

D'abord cette phrase est une hypothèse sur les compétences techniques et la capacité d'apprentissage d'une femme. Je veut bien que certaines personnes qui s'en servent aient des bonnes raisons pour le faire, mais il me semble un peu grossier de faire des assomptions de même sur ce que nos mères vont comprendre. Ma mère ma souvent surpris par sa perspicacité, ce qui me suggère que personnellement, je suis un pauvre juge de ce qu'elle va comprendre.

Mais bon, admettons pour le moment que cette personne ai raison, au sujet de sa mère.

Ben, je ne la connais pas. Je peut donc que l'imaginer. Le rôle de mère est un des rôles les plus stéréotypes dans notre société. Je peut donc ajouter incompétence tecnologique à ma construction de ce que veut dire le mot "mère". Cette incompétence est en effet un attribue très important de la construction sociale du féminin - une idée qui démontre beaucoup de résilience, en particulier dans l'occident. On se rappel que la participation des femmes, n'importes quels femmes, dans la médecine et les sciences était très contestés sur la même base.

Ce qui m'ennerve, c'est qu'en français il existe une très bonne phrase pour communiquer exactement la même chose sans l'ambiguité de cet hypothèse :

"Je trouve que ceci n'est pas suffisamment vulgarisé"

Ainsi avec un minimum d'effort la personne qui tien ce propos peut m’éviter de torturer ma mère imaginaire et foutre la paix à la sienne.

Les contre-armes

En plus de dialoguer, discuter et déconstruire verbalement les constructions sociaux il existe maintes armes pour y lutter.

D'abords les services au femmes, et en faite à toute personne, en détresse ou autrement ayant besoin d'un support, qu'il soit matériel ou non, sont un ace important dans cette lutte. Les services de garde en sont un exemple important.

En suite il y a toute la belle lutte contre la conception de genres comme un binaire. Je voulais mentionner ça parce que c'est l'antithèse totale à l'essentialisme. Ça veut dire :

  • Égaliser la répartition des taches féminisés et masculinisés dans nos groupes.
  • Reconnaître que "femmes et hommes" sont des termes exclusifs en soit, et faire un effort d'inclusion du spectre des genres dans nos discussions.
  • Travailler sur nous même pour défaire nos propres construction sociales et nos attentes en vers les autres.

Simplement dire "On est ouvert d'esprit et toute personne peut changer nos pratiques" ne suffit pas. Ça mets énormément de pression sur les gens qui sont les plus affectés par le statut quo à amener des changements. En général, ils vont plutôt choisir d'aller ailleurs.

  1. http://www40.statcan.gc.ca/l01/cst01/famil54b-eng.htm
  2. http://www42.statcan.ca/smr08/2010/smr08_143_2010-eng.htm

J'arrive beaucoup mieux à

J'arrive beaucoup mieux à comprendre et adhérer aux idées présentées dans ce billet qu'à celles de tes précédents messages. C'est sans doute parce qu'il a été plus guidé par la raison et moins par l'émotion. Ma principale réserve concerne l'affaire "Ma mère ne comprendrait pas ceci", mais je pense qu'il serait plus simple d'en parler de vive voix.